lundi 15 octobre 2012

Un homme fou de lumière : Hopper au Grand Palais

Le truc de Hopper c’est la lumière qui entre par une fenêtre, très délicat à réaliser.


Voici une exposition qui m’a réellement émerveillé ! celle d’Edward Hopper au Grand Palais en ce moment. Que du figuratif (il ne s’est jamais mis au cubisme) et sa femme qui était aussi peintre, en avait franchement horreur du l’abstraction. Sa femme Joséphine qu’il appelle Jo est représentée sur la dernière œuvre en fin d’exposition : Two Comedians en forme d’adieu au monde, en 1965…
…donc que du figuratif et de la nature à profusion (scène de la vie quotidienne, paysages de la campagne américaine, paysages du littoral, maisons, phares, bateaux, voie ferrée genre Paris-Texas de Wenders…).

Attention, il y a beaucoup de monde au Grand Palais ! avec ma carte coupe-file j’ai pu y pénétrer rapidement. Je vous conseille de prendre un audio-guide (5 €), les œuvres sont très peu commentées à l’exception des panneaux et sous-panneaux vraiment très bien rédigées. J’y retournerai volontiers avec cette fois un audio-guide.

Que y voit-on ? Qu’apprend-t-on ? Beaucoup de choses. Voyez plutôt tous les articles écrits sur lui, un wiki lui est aussi consacré. Bref pour faire rapide, Hopper est mort en 1967 vers ses 80 ans. C’est un américain de parents français et irlandais. Il est à Paris de 1906 à je ne sais plus combien, habite rue de Lille et peint d’admirables scènes parisiennes avec ou sans personnages (j’ai admiré les escaliers de son appartement, magnifique ! aucun être humain, que des marches d’escalier, tel un Francis Ponge de la peinture…).

Le truc de Hopper c’est la lumière, celle du soleil en particulier. J’ai vu, vraiment par hasard, un excellent reportage sur Arte hier dimanche (le même film vaut 20 € au musée, une vraie arnaque, à 10 € je l’aurai acheté mais pas à 20 !). On y apprend entre autres, qu’il avait beaucoup de mal à représenter la lumière qui pénètre dans la pièce éclairée de la maison à cause du positif et du négatif (lumière intérieure s’opposant à celle de l’extérieur, sombre) et que la lumière déforme la matière. Cette lumière entre toujours par une fenêtre ou une porte.

On y apprend aussi qu’il souhaitait (ou plutôt ses parents souhaitaient pour lui, il me semble) faire des études d’architecture et finalement s’orienta vers des études d’art à New York. Il devint illustrateur pour gagner sa vie (un diaporama de ses illustrations est projeté en continu au musée) et c’est après avoir exposé des aquarelles des grandes maisons bourgeoises de Gloucester en Nouvelle-Angleterre (des aquarelles de toute beauté vous verrez) qu’il se décide à se consacrer à la peinture (mais hélas il ne fera plus d’aquarelles) et qu’il commence à être connu. Mais au final, il produisit très peu (à la fin de sa vie, 1 à 2 par an !) mais fit beaucoup d’affiches, de gravures à eau-forte (exposées aussi) et évidemment de magnifiques aquarelles. Il travaillait avec lenteur, aimait la poésie française et le cinéma. Voilà tout.

Bref, il faut y aller au Grand Palais, quitte à faire la file 2 heures (oui, il paraît qu’il faut compter 2 heures de file pour ceux qui n’ont pas de coupe-file genre presse, sésame ou carte de la Culture, etc.), mais le jeu vaut la chandelle et puis vous n’êtes pas seul, il y a toujours un joueur de saxo qui semble toujours être présent sur le marches du Grand Palais, et qui vous accompagne et qui vous distrait. N’oubliez pas la petite monnaie.

3 commentaires:

Hopper au Grand Palais a dit…

effectivement vive les coupes files ! car 2h de queue sous la pluie, je ne dis pas qu'Hopper ne les vaut pas mais autant passer 2h à l'intérieur qu'à l'extérieur !

DA a dit…

joli blog que le vôtre, je le découvre...excellente idée d'en avoir créer un, spécialement pour cette magnifique exposition où je trouve qu'en effet on attend trop dans des files interminables...

Sindbad Nadir a dit…

Merci pour ce très bel article sur Hopper, Da', écrit avec simplicité, naturel et pourtant très instructif