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lundi 9 février 2015

Penser/Classer/Administrer...les collections techniques, les instruments scientifiques, etc.


Aujourd’hui je fais la promotion d’un séminaire auquel je vais sans doute assister ce vendredi 13 février à la salle 204 du bâtiment Olympe de Gouges de l’Université Paris 7 sur la manière de penser et de classer les collections techniques (objets, vestiges archéologiques, textes, ouvrages, etc.).

On s’interroge toujours sur les conditions matérielles et intellectuelles dans lesquelles s’est constituée une «collection», qui par définition est une «réunion» hétéroclitique de tout et n’importe. Les questions sur son inventaire et son catalogage se poseront alors inéluctablement (comment identifier ? comment désigner tel article, tel objet, etc.).

Sans compter que, plus on collecte (dans tous les domaines : botanique, archéologie, ethnologie, etc.), plus les questions de rangement se poseront (comment aussi penser à une logique de classement pour éviter le désordre et donc la perte de ces objets).

Sans compter aussi, et là je reprends le prospectus de ce séminaire, les chercheurs qui étudient ces collections techniques sont souvent amenés à mettre en question les critères de classement qui avaient guidé leur constitution...tout ça a l’air très intéressant.

Voici donc le menu de cette demi-journée (la première séance commençant à 14h30) et leurs différents intervenants :

Les classifications des instruments scientifiques 
 
Armelle Le Goff (Archives nationales), Denis Lamy et Jacqueline Léopold (Muséum national d'histoire naturelle) : présentation du livre dirigé par Bertrand Daugeron et Armelle Le Goff, Penser/classer/administrer. Pour une histoire croisée des collections, Paris, CTHS / MNHN, 2014.

Alexi Baker (CRASSH & History and Philosophy of Science, University of Cambridge): “Instruments of early modern London: urban manufacture, transnational use, and modern (mis)representation”.

Cela me fait penser que depuis le temps que je voulais faire la promotion de l’ouvrage « Penser/Classer/Administrer : pour une histoire croisée des collections », je le ferai sans doute après avoir entendu les intervenants vendredi.

A suivre donc...

mardi 25 septembre 2012

Du pétrole au Louvre

Source de l'image : Photos Libres


Depuis septembre 2012, on a installé le nouveau Département des Arts de l'Islam du musée du Louvre en la cour Visconti sous une verrière de maille et d’or…noir.

En effet, la liste des mécènes est écrit en gros dès l’entrée : des princes saoudiens, la firme Total, etc., un goût de pétrole donc.

Je l’ai visité hier 24 septembre en fin d’après-midi et je ne suis pas trop emballé. Je regrette l’ancien parcours, plus intelligent, plus lisible, plus didactique, plus instructeur. Aujourd’hui, les musées prennent en effet le pas de notre Éducation nationale, où les enfants s’ennuient et n’apprennent plus rien. Souvenez-vous, on avait, dans le temps (il y a à peine 10 ans), démembré le Musée de l’Homme dans lequel les pièces étaient dans leur «jus» pour en faire un Musée des «arts premiers» ridicule où les pièces sortent de leur contexte de production pour mettre en avant leur esthétique présumé. Tout ça dans l’unique intention de faire grimper le cours du marché de l’art. Franchement ridicule !…Là c’est pareil. On met en avant le «côté sensoriel», le côté esthétique d’un art qui est à la fois profane et religieux ne l’oublions pas.

Bref, je n’ai compris à ce nouveau concept du Département des Arts de l'Islam et j’ai franchement regretté l’ancienne section des arts de l’Islam (qui faisait alors partie du Département des antiquités orientales) avec son parcours nettement plus lisible au sein duquel j’ai tout appris sur la chronologie (je me souviens qu’il y avait à l’entrée, une belle frise qui a disparu dans ce nouveau parcours), les dynasties (almohades, almoravides et autres fatimides), la diversité des peuples, sur les hommes et les objets qu’ils ont produits, qu’ils soient profanes ou religieux. Ces textiles (le mot «tiraz», je l’ai appris là), ces bois sculptés, verres, flacons et vases soufflés, chandeliers, lampes et autres céramiques, mais aussi des éléments architecturaux n’avaient plus aucun secret pour moi.

Mais à l’instar du musée des «arts premiers» on a privilégié ici un «parcours sensoriel» où tout s’entremêle, s’imbrique en un fouillis sans nom ! imaginez un écrin très beau (j’ai aimé cette prouesse d’intégrer intelligemment ce genre de tente ondulée en résille d'or très contemporaine dans un cadre classique tout en laissant pénétrer la lumière par les façades, j’ai aimé ces deux niveaux d'exposition, etc.) sans rien dedans à l’exception d’une succession de pièces prestigieuses. Je n’ai pas apprécié le découpage chronologique approximatif (on ne sait plus à quel endroit commence les arts de la période fatimide, celle l'Espagne andalouse, celle de l'empire ottoman ou celle de l'Inde moghole…), les espaces thématiques qui semblent combler des vides (espaces calligraphie, textile et autres) sans compter cet espace des «clefs» (quatre coins multimédias) au milieu duquel on projette, en ce moment, un film d’une dizaine de minutes sur l’histoire de l’Islam et des religions de cette période. Le son est très faible et on est très souvent dérangé par les va-et-vient des visiteurs qui sans arrêt parlotent et discutent impunément à cet endroit…et je ne parle pas des flashs qui crépitent, alors qu’il est formellement interdit de les utiliser.
……..
Bref, avoir attendu 10 ans et avoir dépensé 99 millions d’euros pour un tel résultat, quel dommage, mais heureusement qu’il y avait le pétrole, mécènes et autres donateurs dont je ne suis pas, même indirectement…en effet je ne consomme pas du pétrole n’ayant pas de voiture et n’ayant même pas mon permis de conduire. Le pétrole du Louvre pourra continuer à couler sans moi…

jeudi 7 juin 2012

Les nourritures terrestres des archivistes


A l’heure où on s’apprête à quitter le Marais pour un autre (?) dans le 93 avec ses kebabs et autres plats exotiques, j’ai envie d’écrire un billet sur les «cantines» (on dira restaurants administratifs pour être plus académique) que j’ai fréquentées depuis les années 90. Juste un petit mot de celle qui nous est promise dans le 93, il s’agit du resto-U du CROUS juste en face où les seuls souvenirs que j’ai retenu sont d’abord les morceaux de verre qu’un conservateur qui déjeunait en face de moi avait trouvé dans sa salade de betteraves et ensuite le gâchis que j’ai laissé sur le plateau tellement les plats proposés par ce resto-U était infect. En discutant avec les étudiants qui y «déjeunaient», il semblerait que pizzas, pâtes et frites sont toujours au menu, de la grillade aussi (en fait du steak haché surgelé), de temps à autre est proposée une cuisine «régions du monde» (j’ai pas trop compris).

Bon. Pourquoi écrire un avis sur les restaurants administratifs? Juste pour les chroniques et pour se souvenir que dans les années 90 les agents du Marais déjeunaient à La Poste rue des Archives, c’était un système de tickets payés à carte. Je n’ai hélas plus de souvenir de ce qu’on y mangeait, mais c’était correct.

Ensuite pour un très court laps de temps, nous allions au restaurant de la Ville de Paris, avenue Victoria, à cette époque.

Ensuite est venu AGRAF (quelque chose comme Association pour la Gestion des Restaurants des Administrations Françaises). Le personnel du ministère des Finances déjeune à AGRAF. Et bien, c'est bon, et même très très bon, si on le compare aux autres restaurants administratifs et de collectivités aujourd’hui. A cette époque on avait le choix entre tous les AGRAF de Paris (ceux de Bercy, de Palikao, de Uzès, de Réaumur…cherchez pas comprendre, les initiés comprendront).

Aujourd’hui, comme agent du Marais, nous avons le choix entre un restaurant administratif géré par AGRAF à Commines et un autre géré par une restauration de collectivité à la rue Saint-Honoré (les habitués confirmeront). «Commines» comme on l'aime le nommer est un restaurant administratif extrêmement bien géré par son chef (qui se dit d'origine Suisse) et qui vous fait des plats à se lécher l'assiette une fois le repas fini. Rien à voir avec les autres restaurants administratifs gérés également par AGRAF à Uzès, Palikao, Bercy, etc.

A la rue Saint-Honoré, la restauration de collectivité du ministère de la Culture au 182 rue Saint-Honoré dans le 1er arrondissement de Paris est géré par Elior. Il y avait Avenance auparavant, c’était franchement indigeste et pas bon du tout. Puis après un appel d’offre, c’est Elior qui a été choisi, il s’agit du troisième groupe français de la restauration collective. C’est pas rien. Mais ce que je n’aime pas de ce restaurant, c’est cette manie de se faire servir par des serveurs et serveuses derrière les banques. C’est complètement nul et une perte de temps incommensurable. Il y a toujours des files d’attente à n’importe heure que vous venez. Pourquoi ne pas adoptez le circuit que 99,99 % des cantines adoptent ? celui de la file unique où on se sert personnellement ?

Maintenant pour en venir à la cuisine et aux plats…je dirai que ça c’est beaucoup amélioré depuis Avenance. Elior c’est un peu mieux, mais peu encore mieux faire ! On retrouve toujours les panés, les calamars bourrés de panure, les paupiettes de tout de ce que souhaitez remplie à 50% d’eau ou la viande aussi dure qu’une semelle immangeable.
Seul le «self-service» (parce qu’il en a un !) s’en sort mieux : ici on se sert et c’est rapide ! on y trouve des gratinés, des plats un peu végétariens et surtout des feuilles de laitue gratuites.
Les plats sont partout chauds. C’est bon signe.

J’ai commencé par dire du mal de Elior, je continue par celui de la BnF de Tolbiac géré par Sodexo.
La «cantine» de la BnF a longtemps été restée fermée pour travaux. La salle réouverte depuis peu est maintenant plus spacieuse, plus aérée, les banques (un pour chaque plat) sont éparpillées un peu partout, le service est mieux mais c’est tout ! Les plats sont originaux certes mais n’ont pas beaucoup goût. L’assiette qu’on nous sert est souvent froide! Les desserts sont variés : l’autre jour, lorsque j’y étais pour le stage sur les Records Management j’ai pris un smoothie de framboise (vraiment délicieux). La cafétéria permet maintenant aux agents d’aller prendre des boissons chaudes en terrasse, c’est agréable.

Donc Sodexo de la BnF de Tolbiac. Un petit bof. Sans plus.
Elior de la rue Saint-Honoré. C’est bien. Sans plus.

AGRAF, rue Commines. C’est vraiment excellent…aux dernières nouvelles, ce restaurant administratif sera géré par une autre collectivité et non plus par AGRAF. La raison ? Les agents du ministère des Finances de la rue Commines ont été délocalisés ailleurs (eux aussi !) et surtout ceux des archives, qui constituent encore aujourd’hui, la plus importante cohorte, partent également, eux dans le 93. Et avec votre kebab, je vous mets salade, oignons, tomate ?

mercredi 23 mai 2012

0,48 petites secondes pour deux siècles dans le Marais parisien

Les Archives nationales ont officiellement commencé leur déménagement le 22 mai 2012 (comptez plus d’un an pour environ 200 kilomètres linéaires qui vont donc quitter les magasins Braibant, Napoléon III, Soubise, Clisson, Rohan, etc.) du 3e arrondissement de Paris, vers Pierrefitte-sur-Seine, en Seine Saint Denis, dont on prévoit l’ouverture aux chercheurs au début de l’année 2013.
Et en attendant l’ouverture de ce nouveau bâtiment, les fonds seront communiqués par navette à Paris. Ces fonds seront transférés selon la nouvelle organisation des Archives nationales en départements thématiques (moi je fais partie du département Aménagement du territoire et Agriculture).
Éducation-Culture (les premiers à partir)
Exécutif-Législatif
Intérieur-Justice
Environnement
Aménagement du territoire et Agriculture
Travail-Affaires sociales
Archives privées.

Tapez «déménagement archives nationales 22 mai» sur votre outil de recherche préféré et vous trouverez environ 155 000 résultats en 0,48 secondes…0,48 petites secondes qui effacent plus de deux siècles d’installation dans le Marais parisien pour un nouveau bâtiment situé à Pierrefitte-sur-Seine, qui se veut être le plus grand centre d'archives d'Europe. Ça nous fait une belle jambe. Ne resteraient dans le Marais que le musée des Archives nationales et 55 kilomètres linéaires d'archives d’Ancien Régime et du Minutier central des notaires parisiens.

Je suis «entré» aux Archives en 1990 puis officiellement après mon concours en 1993. Plus de vingt-cinq ans de réflexion et d'actions au sein d'une institution prestigieuse méritaient bien une difficile introspection professionnelle.
Il est souvent difficile de trouver son identité professionnelle, j'ai mis environ près d’un quart de siècle (!) et je le sais d'autant plus aujourd'hui, que les prochaines années, j'exercerai probablement dans un autre lieu, sans doute dans une autre spécialité. Quoiqu'il en soit, je mesure avec beaucoup d'humilité l'honneur de pouvoir encore chaque jour, m'occuper de ces formidables archives.
Finalement, que vais-je retenir de ce parcours ? Tout au long de ce parcours et par mes fonctions au sein des Archives nationales, j’ai exercé dans plusieurs domaines d’activités, puis acquis de nombreuses compétences. J’ai essayé de répondre au mieux aux interrogations sur le contenu de mon métier et à ses modalités d’exercice au sein de l’institution où j’exerce. Cependant, parmi les autres établissements publics ou services à compétence nationale, les Archives nationales ne sont pas de ceux dont les domaines d’activités recouvrent le plus large éventail. En effet ils se résument à de grandes fonctions de l’archiviste que sont la collecte, le classement, la conservation, la communication, auxquelles s’ajoute la valorisation.
Pratiquant ce métier depuis près d’un quart de siècle, je constate cependant que ce métier d’archiviste requiert une grande adaptabilité. Je suis conscient que si, jusqu’à présent, j’étais avant tout un gestionnaire des archives (fonds clos) du XIXe siècle, j’aurai sans doute à l’avenir, la responsabilité de la gestion des archives courantes et intermédiaires. Aujourd’hui en effet, les missions d’un archiviste sont en constante évolution, il investit de nouveaux champs comme les administrations, les entreprises, les hôpitaux, les associations, etc. Pour répondre aux nouveaux besoins, les métiers liés aux archives vont désormais, et je suis persuadé, anticiper des changements, notamment par les records management ou la gestion les archives courantes et intermédiaires ; les technologies, et particulièrement les archives électroniques, modifieront aussi profondément les conditions d’exercice de nos professions même si d’un autre côté, de nouveaux outils comme l’informatique, nous aideront dans nos tâches. Ce métier nous propose pourtant de grandes possibilités d’emploi et de nombreuses évolutions professionnelles sont encore possibles.

Sans doute que ce déménagement me donnera la possibilité d’envisager de poursuivre dans une toute autre spécialité et de pouvoir évoluer professionnellement. Les nouveaux besoins ainsi que la mise en place de nouvelles organisations dans les entreprises me donnent envie de poursuivre une formation dans la gestion les archives courantes et intermédiaires. Je devrai faire un choix, réfléchir à une adaptation, souvent rendue nécessaire de nos jours, grâce notamment à la possibilité de suivre des formations continues tout au long de la vie.

Je quitterai bientôt la section du XIXe siècle et déjà j’entrevois quelques pistes de réflexion pour une évolution de mon poste voire de mon métier.
Depuis une vingtaine d’années (depuis en fait la mise en place des premières formations universitaires d’archivistes), j’avais déjà remarqué que le domaine d’intervention des archivistes passait progressivement du statut d’historien à celui de gestionnaire, et du domaine du public à celui du privé. Aujourd’hui, plus que jamais, je suis conscient que l’essor et la diffusion des nouvelles technologies m’obligeront à m’intéresser à de nouveaux types d’archives, à croiser les domaines de l’archivistique à celui de l’histoire, de la sociologie et aussi des sciences de l’information et de la communication. Et par conséquent je suis en effet certain que de nouveaux savoirs me seront demandés comme par exemple celui de connaître les profils des différents publics. Je devrai aussi connaître les textes de lois sur les règles de fonctionnement de l’institution (droit administratif par exemple), connaître la réglementation des normes en matière de gestion des archives, connaître les normes et les standards liés aux archives électroniques ainsi que ceux relatifs à la conservation des documents (tous supports) et surtout les normes et règles relatives aux nouveaux bâtiments d’archives ou celles relatives aux établissements recevant du public. Je ne devrai pas non plus négliger les nouveaux savoirs sur les procédures et les étapes de la conduite de travaux, ou les techniques de numérisation, etc.

Enfin bref ! ce déménagement aura, à défaut d’autre chose, eu le mérite de me faire une nouvelle idée de mon métier et de voir les tâches d’une manière différente…à commencer par cette très difficile introspection professionnelle.

vendredi 16 janvier 2009

Le musée de l'Histoire de France



Vue de l'hôtel de Soubise (Musée de l'Histoire de France)
de hôtel d'Assy

Notre Prince-Président dans sa grande bonté et soucieux de renforcer la grande idée (qu’il se fait) de "l'identité nationale", a annoncé le mardi 13 janvier dernier sa volonté de créer un musée de l'Histoire de France (!) parce que (selon lui) "il n'existe aucun lieu pour questionner l'Histoire de France dans son ensemble". Il a demandé qu’on choisisse un "lieu symbolique" pour cet endroit…

Mais sait-il seulement que Paris compte pas moins de …deux musées de l'Histoire de France, l’un à Versailles et l’autre, le plus ancien, à l’hôtel de Soubise. Certes ce dernier musée n’est pas pour l’instant labellisé "musée de France" mais les AN ont engagé depuis plusieurs années un projet de rénovation et de refonte ce musée de l’Histoire de France installé dans l’hôtel de Soubise depuis 1867 par Napoléon III (et on se rappellera au passage, que ce même hôtel de Soubise avait accueilli les archives historiques par décret impérial du 6 mars 1808 : ne ratez donc pas notre exposition exceptionnelle Mémoires d’avenir de 250 pièces originales, pour la plupart jamais encore montrées, qui se tient actuellement et jusqu’au 15 juin 2009 et dont Mandragore, archiviste, en a fait l’éloge dans un de ses billets - on lira tout aussi utilement ses réflexions et la problématique des expositions du patrimoine écrit).

Il nous faudrait plusieurs billets pour relater l’histoire du musée de l'Histoire de France de l’hôtel de Soubise mais en ce moment je suis très occupé par l’exposition sur les Tribunaux provisoires de la Révolution (tribunal des Dix, tribunaux criminels provisoires et tribunal du 17 août 1792) mais je vous renvoie au cotes AE II 1 à 1444 (sur l’ancien fonds du Musée - année 1867) qui donne en une série chronologique les documents originaux (des Mérovingiens à 1795) qui avaient été exposés au musée l'histoire de France des Archives nationales ainsi que le Catalogue publié par A. Maury en 1872 et préparé par le marquis de Laborde (le père de ce musée) en 1867 sous le titre Musée des Archives de l'Empire. Documents originaux de l'histoire de France et autographes des hommes célèbres, etc.
Pour en revenir à ce "super" Musée de l'histoire de France dont l'annonce sera probablement faite d’ici fin 2010, je vois mal comment il pourrait échapper au Quadrilatère Soubise-Rohan, mais ce sera à quel prix ! En effet, lorsque les documents auront quitté ce site, il est fort probable qu'on y accueille les minutes des notaires après 1935, et il faudra bien les conditionner, les conserver, les communiquer ! Quelle place auront les futurs archivistes (nous ne serons plus là) pour mener à bien ces tâches archivistiques ? Une cohabitation de ce super musée avec les Archives nationales est à mon humble avis à réétudier davantage avant de se lancer dans de grands travaux, sans compter le montant de ceux-ci (j’imagine au moins 50 millions d’euros)…tout ça au nom d’une "l'identité nationale"…pourquoi pas…mais…

En attendant, encore une fois, pour ce faire une idée des Archives, allez (vite !) visiter Mémoires d’avenir …

jeudi 8 janvier 2009

Matérialisme excessif

Je vais de moins en moins pouvoir publier cette année car après la crise financière puis la crise économique voici la crise morale et le retour de l’État policier à tous les niveaux. Les accès internet présentant des «risques» sont refusés pour l’ensemble du personnel du ministère de la Culture et de la Communication (mais expliquez-moi en quoi l’accès à blogspot «présenterait des risques»?).

Ce filtrage (type flicage) mis en place utilise un annuaire qui référence les sites internet et les classe en catégories (catégories «sites gouvernementaux» et «arts/culture», etc.). Le choix de ces catégories est effectué par un éditeur du logiciel automatique (donc crétin). Le département informatique peut toutefois corriger ces choix en cas de besoins spécifiques mais il faut les demander pour chaque site ! Voici les catégories non accessibles (pornographie, sexe et érotisme, activités illégales (piratage par exemple), sites de rencontre, discussion en ligne, racisme, jeux d'argent, casino, loterie...)…mais je ne consulte jamais ce genre de site.

Toute tentative de connexions à ces sites «interdits» par l'accès à internet d'un poste de travail est refusé. Mais afin de rationaliser l'utilisation des ressources informatiques, tout en permettant un usage occasionnel à titre personnel, il est mis en place une politique de restriction d'accès pendant les horaires habituels de travail, entre 9h00 et 12h00 et entre 14h00 et 17h45. Dans ces plages horaires seule la consultation des sites utiles au service sera ouverte, hors de ces plages horaires la consultation sera ouverte plus largement. Mais si nous estimons que le site nous est nécessaire dans le cadre de notre travail, nous pouvons toujours créer une demande à l'aide de notre identifiant en précisant l'adresse à autoriser…

Pour l’instant mon accès à blogspot est permis (sauf les images qui ne se publient pas), mais pour combien de temps encore !

Or je suis un fervent anticonsumériste ou anticonsommation, et je refuse de m’abonner à internet chez moi. Je m’oppose depuis toujours au matérialisme excessif car il est malsain et conduit inexorablement à un mode de vie immoral. Certaines femmes me trouvent «radin», ce qui est exagéré. Seulement, je refuse tous ces produits de marque ou excessivement disproportionnés aux besoins quotidiens. Je n’achète (si, si, j’achète tout de même!) que des biens «nécessaires» à la vie de tous les jours et non ceux qui ne le sont pas et je refuse de m’identifier aux personnes ayant la même consommation identique partout dans le monde. Donc pas d’internet chez moi, et si je ne peux plus publier du ministère alors je ne publierai plus. Ce n’est guère dramatique...

mardi 30 décembre 2008

Le dernier écho

Certains rats ne quittent pas le navire en cette fin d’année, je fais partie de ces irréductibles agents qui aiment travailler les veilles de fêtes ou de fin d’année, d’autant que l’on travaille mieux ainsi : le Caran est fermé au public pour une semaine, ce qui est un gage de tranquillité pour nous qui sommes au département des fonds. J’en profite pour peaufiner notre exposition à venir (que je prépare de concert avec un conservateur du patrimoine) sur les «tribunaux ordinaires de la Révolution» (le titre reste encore à trouver).

Ce thème est en effet ignoré de la plupart des Français qui associent souvent la Révolution aux tribunaux extraordinaires dont le fameux et sanguinaire Tribunal révolutionnaire qui forme la série W des AN (dossiers de procédures, papiers du parquet, archives du greffe, etc.). Moins connu reste le «tribunal ordinaire» de droit commun qui jugeait les crimes et délits nouveaux mais aussi ceux de l’Ancien Régime (ceux pendants au Parlement de Paris). La Constituante se vit donc obligée de créer un tribunal provisoire pour connaître ces procès criminels (c’est le décret du 1er-5 décembre 1790 qui mis en place le Tribunal des Dix). Puis, lorsque les tribunaux d'arrondissement seraient mis en place, on espérait qu’ils recueilleront, outre les procès civils relevant de leur compétence normale, l'arriéré criminel du Châtelet et du Parlement et qu’ils démarreraient des nouveaux procès criminels…mais ce ne fut pas le cas…(c’est que l’on verra dans cette exposition d’environ 80 pièces, donc une exposition «moyenne» prévue pour octobre 2009, et qui demande un travail considérable de repérage des pièces et rédaction de notices)…Pour en finir avec ma phrase, c’est donc le décret du 13-14 mars 1791 qui créa six tribunaux criminels provisoires dans le but d'«instruire et juger tous les procès criminels existants avant le 25 janvier 1791, époque de l'installation des tribunaux d'arrondissement» pour soulager les tribunaux d’arrondissement (établis pourtant par la loi du 25-29 août 1790 mais qui ne furent pas mis en place tout de suite).

Ces six tribunaux criminels provisoires avaient un rôle d'appoint pour soulager les tribunaux d'arrondissement dont les documents, comme on le sait, ont tous été brûlés par les incendies de 1871. À l’inverse, les archives des tribunaux criminels provisoires nous sont parvenues intacts (dossiers d’instruction des affaires, y compris les procédures entamées antérieurement donc, jugements rendus, pièces à conviction dont de nombreux porte-feuilles, des mouchoirs tâchés de sang, des tampons pour imprimer de faux assignats, des limes…bref la panoplie de la victime et du petit malfrat des années 1789). Et ce fonds permet donc d’étudier dans une certaine mesure la mise place de la nouvelle procédure pénale et la requalification des infractions….

Pardon, pardon, je m’égare…

J’avais intitulé ce billet «Le dernier écho» pour vous signaler la livraison du dernier numéro des «Échos du récolement» dont j’avais rapidement évoqué l’existence dans un précédent billet

Celui de décembre est une pure merveille, jugez-en ! pour le lire, il suffit de cliquer sur cette page, puis dans le cadre en haut à gauche : Accueil>Présentation>Le département de la conservation>Les Échos du récolement ou plus simplement en cliquant ici.

Ce sont deux chargés de recherches documentaires, thésarde et chercheur de leur état (l’une sur l’artiste A. Fourgeron et l’autre sur l’historiographie de la vie scientifique en Amérique latine) qui font du récolement (fastidieux pour tous les archivistes) une activité joyeuse et enivrante (ne ratez pas leur menu du récolement pour l'année 2009 et leur feuilleté de registres d'AJ/19 à l'ancienne au pêle-mêle contemporain sauce Rohan-sud ou leur plat de fruits de mer reconditionnés selon arrivage du fonds Marine, leur terrine du fonds Foccart dans ses nouvelles boîtes et enfin leur enivrant vin Côtes de F préliminaire, très bon millésime des caves de Clisson selon le sommelier). Mais comment font-ils pour trouver de telles idées ?

Le dernier écho est aussi celui de la Direction des Archives de France qui disparaîtra l’année prochaine (elle aurait eu plus de 70 ans en 2009) de la maladie de la RGPP qui a frappé toutes les directions du ministère de la Culture…mais on pleurnichera pas sur une disparition, la mort des uns donne naissance à d’autres et si la DAF meurt, alors vive la SAF (c’est dorénavant la nouvelle appellation de la DAF qui deviendra : Service des Archives de France).

Bonnes fêtes de fin d’année à tous !


vendredi 26 décembre 2008

Rapports de bon voisinage


Ce curieux magnétique (genre de plaquette qui orne les supports métalliques telles les portes des «réfrigérateurs») représente des personnages en tenue d’Adam ou en tenue d’Eve (au choix). Si vous l’offrez à une dame sans aucune explication sur le contexte de sa provenance, son origine, son histoire et tout ce qui tourne autour, alors vous êtes bon pour être traité de léger, de pervers, de polisson, voire d’obscène. Dans le cas contraire, vous lui ferez un grand plaisir…

Cette image a été tirée de plusieurs autres de l’Abrégé d'Histoire Universelle de la fin XIVe siècle dont on ignore l’auteur et qui prétend faire toute l’histoire de «la naiffance de Jesus-Christ jufqu'à la fin du quatorzième fiécle de l'Ere Chrétienne, c'eft-à-dire , jufqu'à l'an 1400, Epoque où l'Europe commence à prendre à divers égards (…) [il] comprend tout le tems qui s'eft écoulé depuis le commencement du Monde jufqu'à la naiffance de N. S. Jésus-Christ, ce qui fait au moins quatre mille ans donc depuis La Creation du Monde jusqu'au Déluge.

(…)
(sur cette page, 3e image à partir de la gauche, on retrouve cette allégorie)

Le premier age quoique long, offre peu d'évenemens, mais qui font d'une grande importance. On y voit la création du Monde, l'origine de toutes chofes, l'état du premier Homme , la Loi qu'il reçut de Dieu, fa défobéiflance & fon châtiment ; le genre de vie de fes premiers Defcendans, l’ïnvention de quelques Arts , la généalogie de Noé , la corruption devenue générale fur la Terre, le Déluge qui détruifit toute la race humaine, à l'exception de Noé & de fes enfans, que Diev voulut préferver», etc.

On voit ici dans une prairie ou un verger, le fameux «rusé» sous les traits d’un humain et non d’un serpent (!), enroulé autour de l'arbre de la connaissance (c’est le seul qui porte des fruits), et Adam et Eve qui prennent du plaisir à «manger» (le fruit) ce qui signifie symboliquement «recevoir la lumière» mais sont-ils prêts à la recevoir ou leur est-il interdit de recevoir ce plaisir sous peine d’être bannis du Jardin d'Eden…

C’est la RMN, de concert avec le Musée de l’Histoire de France, qui avait édité en 2007 un coffret de ces images pour en faire des jeux pédagogiques plaisants ou d’amusants mais délicats magnétiques (un coffret de jolis bestiaires, des chartes ornées, des lettrines, etc.) dont je m’étais procuré lors de la journée «Lire en Fête» d’octobre dernier et que j’ai offert à ma voisine, au domicile de laquelle j’avais remarqué naguère de pareils gadgets sur la porte de son «réfrigérateur» ornée de la ville de Berlin, du dernier Airbus A748, de personnages loufoques.

Ma voisine a bien pris ce cadeau de Noël, pas d’incompréhension ou d’équivoque, ni d’indécence ou d’inhibition et encore moins de pudicité mais tout dans le séant, le respect, l’assentiment et dans l’adhésion de partager les choses de l’esprit (dès lors qu’elles sont bien expliquées)…je me demande bien ce que je pourrais lui offrir l’année prochaine…

samedi 15 novembre 2008

Des chevilles qui gonflent

Les lundi 17 et mardi 18 novembre, madame Martine de Boisdeffre, directrice des Archives de France nous invite à un colloque international organisé par la DAF de concert avec l’Unesco, sur «Les Archives demain».
La journée du mardi me tente un peu : «les défis du XXIe siècle et la révolution électronique/numérisation», conférence donnée par Françoise Banat-Berger, Olivier de Solan, Georges Mackenzie (que je ne connais pas), Joël Surcouf et Anne Burnel. Je vais m’y rendre avant le vernissage de l’exposition du bicentenaire de l’installation des Archives par Napoléon à l’Hôtel de Soubise (ouverte au public du 19 novembre 2008 au 15 juin 2009). La semaine commencera donc sur les chapeaux de roue…

………..

Et c’est en cherchant des informations sur ce colloque précisément que, cet après-midi (en étant de permanence en salle des inventaires du Caran jusqu’à 17 h), j’ai été surpris de trouver sur le The online archives encyclopedia que le site de votre serviteur a été «récompensé» pour son article sur Caroline Chesneau …je ne résiste pas à la tentation de copier/coller le commentaire (en anglais) de cette «nomination»…(…pardon pour les chevilles qui gonflent…)

«the blog Danis, wins for its explanation of how prior to the twentieth century "many women have distinguished themselves" for this medal which is awarded to both civilians and soldiers, "but their actions have always been ignored, and Caroline Chesneau is part of it." This archivist/blogger points out that " (nee Demarest) was nominated for the the cross of the Legion of Honour in recognition for her actions during the war of 1870-1871 where her arm was injured in the battle at Le Bourget, Avron plateau," but despite many letters of recommendation for Mrs. Chesneau, an attached label on the application reads, "To return to Carolina Chesneau...this candidacy is not serious with regard to the great chancellery".»

Merci The online archives encyclopedia, je suis très touché…

Les rideaux aillagon

On raconte que Jean-Jacques Aillagon, alors ministre de la Culture, visitant les Grands-Dépôts des Archives nationales à Paris, s’était vivement ému en remarquant qu’un banal rayon de soleil chatouillait le dos d’un registre du Parlement (la sous-série X2A).
On lui fit alors remarquer que les Archives nationales n’avaient point les moyens de se payer des rideaux anti-solaire. Il prit alors son téléphone mobile et appela sur le champ son cabinet. Deux jours après, de jolis rideaux fleurissaient aux fenêtres des Grands-Dépôts. Depuis, on les appelle familièrement les «rideaux aillagon»…

Pourquoi cette anecdote ? Parce que depuis 15 jours maintenant, ces messieurs/dames des Parcs&Jardins n’arrêtent pas de labourer, de ventiler, de ratisser, de biner, de sulfater la cour de l’Hôtel de Rohan.

Je soupçonne ce grand dérangement pour la venue de notre ministre Christine Albanel au vernissage de l’exposition (du 19 novembre 2008 au 15 juin 2009 à l’Hôtel de Soubise) du bicentenaire de l’installation des Archives par Napoléon, dans des bâtiments princiers, au cœur de Paris (en attendant l’édification d’un nouveau bâtiment à Pierrefitte-sur-Seine). Et pour ne pas émouvoir à nouveau un ministre à la vue de la pelouse piétinée les semaines précédentes par les Journées du patrimoine (en septembre), la Nuit Blanche des Musées (le 4 octobre) et plus récemment encore, par Lire En Fête (les 11 et 12 octobre derniers), on a posé des pelouses moquette-gazon en bande rouleau, qui comme chacun le sait, coûtent une fortune et ne résisteront pas à l’hiver qui arrive…

Je pense qu’on aurait du laisser émouvoir notre actuelle ministre de sorte qu’à l’instar de son prédécesseur, Jean-Jacques Aillagon, elle aurait pris son téléphone mobile pour appeler séance tenante son cabinet et obtenir un gazon digne de ce nom pour cette cour prestigieuse (l’Hôtel de Rohan ce n’est tout de même pas rien !).
On aurait alors appelé cette pelouse, la «pelouse albanel» et les Archives nationales n’auraient pas déboursé un seul kopeck !

dimanche 2 novembre 2008

Pleade 3.0 ou Panne 3.0 ?

Évoquant la lancée de Pleade 3.0 en mars 2008, Lully 1804, dans son billet fort intéressant daté du 25 février 2008 « (…) [trouvait] que ce serait encore hasardeux de se lancer dans la V3 si on dispose déjà de la V2, et ce d'autant plus que toute la documentation sur la V3 reste à faire (ou, si elle est rédigée, elle n'est en tout cas pas disponible à ma connaissance)».

Ce à quoi j’avais répondu que, certes, tout ce qu’on pouvait faire sur la version 2.0 en modifiant les .css ou les .html des fichiers dit d’habillage ou de configuration n’était plus possible sur la version 3.0, mais que je trouvais malgré tout Pleade 3.0 plus abouti que la version précédente, notamment par la visionneuse d'images intégrée à cette V3.

Mais pour justifier l’absence de la documentation de la V3, on se rappellera la raison invoquée par Martin Sévigny, le concepteur de Pleade, de ne pas «compliquer le travail de l'archiviste» puisque l’usage a démontré que de nombreuses options de paramétrage étaient peu ou pas du tout utilisées par les utilisateurs de cet outil formidable tant pour la publication des instruments de recherche (IR) en EAD/XML que pour comprendre l’architecture générale d’une publication, voir le site officiel de Pleade 3.0 sur http://www.pleade.com/

On y annonce que la version 3.1 sortirait en avril 2008 (!). Et que celle-ci inclurait notamment de nouvelles fonctionnalités telles que l'historique des recherches, des statistiques sur les recherches, la possibilité de proposer des contenus différents selon la provenance des consultations, etc.

Force est de constater que la fin de l’année 2008 approche et que cette version 3.1 n’est toujours pas proposée. Y aurait-il de l’eau (de l’AJLSM) dans le gaz (de la société Anaphore) ? Le mariage de l’eau et du gaz est en effet fort déconseillé !

Mais qu’on ne se méprenne pas, si l’ironie est de mise, on ne peut que féliciter AJLSM puis AJLSM-Anaphore d’avoir proposé dès 2002, un outil libre (le premier du genre !) permettant de diffuser des IR archivistiques dans une architecture web.

Gageons qu’au cours de l'année 2009, une nouvelle version de Pleade 3.x verra le jour !

Le 22 à Asnières

Le passé est certes le passé et seules restent les interprétations diverses de ce fouillis plein de détails dont tout le monde essaie de tirer son avantage. On utilise alors les Archives comme cela nous convient. Ici un petit clin d’œil au modernisme galopant de notre siècle…

Lu dans le journal Paris du 08 janvier 1888 à la rubrique «Faits divers» (un exemplaire de ce journal se trouve dans LH/3207, dossier Crespin de la Jeannière) :

Société générale des téléphones

Pendant la semaine du 30 décembre 1887 au 6 janvier 1888, la Société générale des téléphones a inscrit 36 nouveaux abonnés à Paris et 11 dans les départements. Le nombre des nouveaux reliés a été de 41 à Paris et 9 dans les départements.

Paris compte actuellement 5438 abonnés et les départements 2376 soit en tout 7814 abonnés.

Les demandes d’abonnement doivent être adressées 41, rue Caumartin à la Société générale des téléphones qui se charge également de toutes les installations de téléphones domestiques dans les bureaux, administrations, usines, hôtels, appartements
, etc., etc.

Et aujourd’hui en 2008 ? On affiche sur France Télécom que le nombre total de clients abonnés au fixe est de…24 millions (et en encore ce chiffre est en baisse de 2,5 millions sur 1 an !).

On n’ignore de nombre total d’abonnés au niveau mondial…

vendredi 5 septembre 2008

J’aime pas France-Culture

Disons le tout de suite, je suis contre France Culture et sa nouvelle grille, qui depuis 10 ans maintenant ressemble de plus en plus à des chaînes commerciales, mondialistes, plus «petit» public, et je ne suis pas le seul, cette la radio irrite en effet de nombreux autres auditeurs si on croit les nombreux blocs-notes sur la toile.

Sur France-Culture, on invite aujourd’hui (chose jamais entendue sur une chaîne publique !) des sionistes haineux, tout bord confondus, qui ont été interdits ailleurs et très nostalgiques d’un plus grand état (comme si celui-ci, acquis par des procédés que je ne qualifierai pas par respect, ne leur suffisait pas !), c’est un peu comme si on invitait des islamistes nous évoquer la vie des talibans ! c’est franchement scandaleux.

On y invite aussi des individus qui crachent leur venin sur l’État français (mais on n’y était pour rien!) parce qu’ils avaient été spoliés pendant la dernière guerre et qui, aujourd’hui, réclament «justice», on y invite aussi des pro-américains imbéciles et sanguinaires qui n’hésitent pas à louer la politique actuelle de leur crétin de président. Enfin certains présentateurs parlent à peine le français (un comble sur France Culture) : on vous gicle aux oreilles des anglicismes tels les «podcast», les «coaches», les «challenges», quelles horreurs…sans compter leur «journal d’informations», un ramassis de contre-vérités de contre-informations, de prise de position, etc. (mais pourquoi diable ne pas laisser aux chaînes professionnelles et plus spécialisées, le soin de diffuser ce genre d’informations ?)…

Pourtant au milieu de ce purin et en pleine nuit (entre 1h et 6h sur «France Culture la nuit») on a la chance d’écouter des émissions diffusées précédemment et qui donnent à rêver. Ainsi dans la nuit de jeudi à vendredi vers 5h du matin, à moitié endormi, j’ai écouté (ou entendu ?) l’émission «Sur les docks» dans leur série consacrée à «En territoire catholique» un sujet sur Opus Dei. Les yeux fermés je me faisais mes propres images comme dans un film en somme, je crois n’avoir pratiquement rien retenu de l’émission à part les mots «laïque», «José-Maria», «groupuscule», «réseau d’influences», «Da Vinci», «accompagnement spirituel», etc. Puis à 6h ce sont les conférences du Collège de France, un régal aussi, mais ce matin c’était sur Proust et là je n’ai rien retenu du tout !

Les plus belles roses poussent sur du purin, c’est connu. Mais tout de même, France Culture peut mieux faire et revenir à sa grille de programme des années 1985-1995 environ, ensuite les Adler et autres consorts ont complètement pourri cette chaîne (publique).

mardi 19 août 2008

Le Serment du jeu de paume

(registre ouvert au Serment de jeu de paume)

Bon, je passe sur l’éternel débat de la pièce d’archive (pièce unique et originale et donc irremplaçable) soit comme témoin historique d’une période, comme support de l’étude diplomatique et comme nécessaire à la recherche administrative, etc., soit comme «œuvre d’art» (on dira aujourd’hui comme «produit culturel» qui rapporte des sous).

Longtemps on pensa que les documents originaux ne pouvaient présenter d’intérêt que pour les chercheurs (on disait à l’époque «des érudits»), capables d’en utiliser la substance. Puis, cette tendance élitiste s’atténua lentement au gré des changements de mentalité et de l’intérêt suscité par la recherche familiale (tous les services d’archives sans exception sont fréquentés quotidiennement par une horde de généalogistes) ainsi par la nouvelle pédagogie enseignée dans nos écoles où l’attention est dorénavant donnée à la pratique qui prévaut sur la théorie, et c'est ainsi que les élèves des collèges et lycées hantent hebdomadairement les ateliers dits pédagogiques des services d’archives…
Bref, on présentera dès lors le document d’archives au même titre qu’une estampe, un dessin, un tissu ou une toile, et l’archive devient malgré tout une «œuvre art».

C’est en 1861 que Léon de Laborde ouvrira le premier musée sigillographique dans l’hôtel de Soubise nouvellement restauré pour y exposer des moulages de sceaux afin «exciter la curiosité» de ses contemporains. Le musée paléographique s’ouvrira plus tard, suivi du musée des Archives en 1867, l’année même de l’Exposition universelle.

Et le succès répondit aux attentes. Des conférences paléographiques y furent prononcées tous les jeudis devant 1800 documents disposés dans de monumentales vitrines garnies d’ornements dorés. «On sort des Archives comme on sort du Louvre» se serait écrié Jules Claretie en 1877 dans son feuilleton du Journal officiel (sources : Manuel d’archivistique, 1970, page 657).

Le ton était donné, c’était la première fois qu’on ouvrait un musée au sein d’un grand dépôt d’archives et tous les services départementaux suivront cette tendance, le thème choisi étant généralement (et invariablement) l’histoire locale illustrée par des documents iconographiques tirés des différentes séries en les présentant d’une façon attrayante de façon à pouvoir illustrer une anecdote régionale, un personnage emblématique ou encore un enseignement institutionnel voire diplomatique ou paléographique puisqu’il fallait satisfaire une grande variété de public tout en variant judicieusement les différents supports (parchemins, sceaux, estampes, cartes et plans, rouleaux de papiers, etc.) mais aussi les objets (maquettes, poinçons d’orfèvres, échantillons de tissus, pièces à conviction, etc.).

J’ai eu la (mal)chance de voir un «retour d’exposition» qui m’avait gâché la journée à l’époque. On m’avait présenté le fameux «Serment du jeu de paume» original (initialement coté AE/I/5 n°3 bis puis AE 1086 dans l'exposition permanente sur la Révolution en 1989 mais anciennement conservé dans la série C des procès-verbaux des séances des Assemblées nationales), il s’agit d’un registre de 47 folios, relié de maroquin rouge avec des fers aux emblèmes de l’Assemblée prêté depuis fort longtemps au Musée de l’Histoire de France et resté invariablement exposé au public à la page de la séance du 20 juin 1789 (la fameuse séance de ce célèbre serment que firent les députés Barnave, Mounier, Target et Le Chapelier à l'assemblée tenue dans l'église paroissiale Saint-Louis de Versailles, de ne pas se séparer avant d’avoir donné une constitution à la France)…

Sous l’effet des rayons lumineux naturels et artificiels, cette page du registre est à jamais perdue (l’encre s’est évaporée, l’écriture est pâle, presque illisible), l’ampoule qui l’avait éclairée des années durant n’était sûrement pas de verre incolore ni ne contenait un pouvoir filtrant les ultra-violets. La salle qui avait abrité ce registre avait été trop exposée à la lumière naturelle qui est extrêmement nocive pour les documents, les fenêtres n’avaient sûrement pas été obturées ou n’avaient pas été maintenues dans l’obscurité les jours de fermeture ; la vitrine où il était exposé n’avait sans doute jamais été recouvert de tissus opaques ou la quantité de lumière sur le document (mesurable grâce à un luxmètre) n’avait pas été mesurée correctement (au reste, on ne s’en préoccupait guère à l’époque !)…

Quoi qu’il en soit, voici un document fondamental de notre histoire que l’on ne verra jamais plus dans sa version originale et ne pourra jamais plus être étudié que dans sa version électronique…à espérer que ce registre soit numérisé ou dématérialisé dans sa totalité? j’en suis pas vraiment sûr, à l’heure où nous entrons de plein pied en récession, à l'heure où les caisses de l'État sont vides et que le gouvernement ou le cabinet de l’Élysée (c’est devenu pareil aujourd’hui au point où on se demande encore à quel moment va-t-on nous annoncer le début du Consulat à vie !) et qui, par ailleurs dépensent à tour de bras, nous obligeant à des économies de bouts de chandelles...

Le Serment du jeu de paume n’est hélas pas le seul document en très mauvais état…

lundi 18 août 2008

Auguste Comte, reviens !

(les 13 mois de l'année)

Je me suis toujours demandé la raison pour laquelle notre fiche de paye n’était pas indexée sur la durée du mois : ainsi nous sommes payé à l’identique que le mois fasse 28 jours, ou 30 ou 31 jours !
Renseignement pris, nous sommes en réalité payé sur une base de 30 jours (au reste pour une journée de grève, on nous débite 1/30e de notre salaire et ainsi de suite).

Il nous arrive aussi de pester contre une annonce de ce genre «récital de musique baroque le 19 mars 2008, venez nombreux, etc.»…et à moins d’avoir un calendrier ou dans la tête (mais tout le monde n’est pas le héros du film Rain Man) ou à proximité ou encore un agenda électronique en état de fonctionnement, on ne saura jamais à quel jour correspond ce fameux 19 mars 2008 car au fond nous raisonnons souvent en fonction du jour de la semaine plutôt que de la date, il aurait été en fait plus simple de rajouter le jour et d’écrire «récital de musique baroque le vendredi 19 mars 2008», mais bon, il reste encore tout un savoir vivre ignoré dans notre société).

Enfin, qui n'a jamais été gêné par le décalage continuel des jours fériés et des fêtes, notamment la date de la Pâques qui change tous les ans ?

…

C’est sans doute pour résoudre ces désagréments qu’en 1849, Auguste Comte proposa son «calendrier positiviste» qui consiste tout simplement à découper l’année en 13 mois de 28 jours complétés par un «jour de l’année». Chaque mois commencerait un lundi et se terminerait donc (puisque 28 jours est multiple de 7) par un dimanche. On n’aurait donc plus le souci de perdre son temps à consulter un agenda électronique ou un calendrier classique de l’année pour connaître le jour du 19 mars 2008, un simple calcul mental nous indiquerait que tous les 5 du mois étant des vendredis alors le 12 et le 19 et le 26 seront aussi un vendredi, etc.

Cette idée de calendrier fixe à 13 mois avait ensuite été, et plus sérieusement, examinée par la SDN en 1922. Un comité avait même été crée afin de standardiser le temps et le calendrier (à cette époque c’était la mode de tout rationaliser). Ce projet de réforme avait aussi été repris par l’ONU dans un but de faciliter le calcul des salaires, de perdre moins de temps (à consulter le calendrier), etc. , mais peine perdue car à la suite de l’opposition des États-Unis (toujours eux) fondée sur «des motivations religieuses» (on se demande ce que Dieu vient faire dans cette histoire) le projet a été abandonné en 1955.

C’est dommage je trouve. Dans ce genre de calendrier fixe, tous les 14 juillet seraient des dimanches, de même que les 1er et 8 mai et les 15 août seraient toujours des lundis, il n’y aurait plus de 31 décembre mais ce fameux «jour de l’année» qui compète les 364 jours (13 mois de 28 jours).

Nous conservons aux Archives nationales de nombreuses archives du mouvement positivisme (séries 10AS et 17AS du fonds Fourier et Considerant ainsi que celui d’ Émile Corra, disciple d’Auguste Comte et animateur de nombreuses associations positivistes, etc.) mais il ne m’est jamais venu à l’idée (par manque de «temps» !) d’y chercher la trace de ce projet de calendrier. Il faut en fait se rendre à la maison d’Auguste Comte à Paris, rue Monsieur-le-Prince dans le 6e pour consulter ce fameux calendrier avec autographe manuscrit de l’auteur daté de décembre 1848. Du vivant de celui-ci, le calendrier fut ensuite édité sept fois avec un titre à n’en plus finir dans la même veine que tous les programmes positivistes au reste … (c’est peut être pour cette raison que l’on abandonna ce projet, humour évidemment…) : Calendrier positiviste ou système général de commémoration publique destiné surtout à la transition finale de la Grande république occidentale composée des cinq populations avancées, française, italienne, germanique, britannique et espagnole, toujours solidaires depuis Charlemagne , composé par Auguste Comte, auteur du système de philosophie positive. Tout un programme donc, mais j’aimais bien cette idée d'une année de 13 mois de 28 jours.

lundi 4 août 2008

Cet été


Cet été, notre bibliothèque municipale (qui ferme tout de même 3 semaines pour d'éternels travaux d'embellissement et qui n'a toujours pas résolu ce problème d'abonnement à 2 niveaux : 1 puis 3 sans passer par le 2e niveau ! lire notre billet sur ce système crétin) nous autorise à emprunter 10 livres pour une durée de 6 semaines ! l'occasion donc de se charger d'une bonne vingtaine de romans dit de détente qui se laissent facilement lire.

J'ai beaucoup apprécié le premier Marie-Hélène Laffon, Le soir du chien, un roman admirable rempli de poésie à chaque page, mais j'ai ne n'ai pas trop aimé Sur la photo, son deuxième …c'est comme ça.
De même que j'ai adoré Février et Comme les hommes de Louis Sanders mais pas du tout Vie et mort des plantes toxiques… trop de dialogues, l’intrigue tarde à venir … à croire que les auteurs mettent le paquet sur leur premier roman puis se laissent aller.

Daniel Fohr et son Un mort par page est excellent ! il y a effectivement un mort par page (et un index en fin de volume le prouve !) mais loin de l'idée macabre de l'hémoglobine incontrôlable car dans ce roman déglingué qui démarre sur les chapeaux de roues, tout est question de dosage et chaque disparition, chaque trépassé, chaque situation macabre, chaque accident, chaque mort est décrit d'une manière feutrée, y compris les meurtres les plus sanguinolent, bref un roman qui se laisse vivre page à page comme dans un jeu, qui lui est contrôlé, puisque l'auteur a décidé de placer un mort à chaque page…à découvrir.

Cet été, tout Annie Ernaux est également passé, ainsi que Luis Sepulveda…de la pure détente quoi.

Ajoutez à cela Guy Goffette et son Un été autour du cou (Gallimard, 2001) ou l’initiation sentimentale du jeune campagnard Simon par une femme mûre de plusieurs années âgée que lui…un roman court qui se lit en une soirée tout comme Georges Bonnet, retraité de l’Éducation nationale, lu la soirée suivante, et son Les yeux des chiens ont toujours soif (édition Le temps qui fait, 2006) ou l’histoire toute simple d’Émile, 70 ans qui un jour, dans un parc engage la conversation avec une femme de son âge et c’est tout ! tout est alors tranquille, pudique, précieux... Tous deux sont des poètes (ce que j’ignorais avant d’avoir emprunté) qui se s'ont essayé au roman et c’est d’autant mieux au reste puisqu’à chaque page on retrouve des phrases magiques comme «capturer l'ombre qui bouge en lui sautant dessus», «retenir un nuage en lui attachant les ailes aux pieds de la table», «dans une chambre d’hôtel un homme à sa fenêtre qui attendait la mer», etc. Magique donc.

etc, etc. mais bon, je ne suis pas non plus critique littéraire…

Cet été aussi, grâce aux encouragements de Guillemette et d’une collègue des Archives, j’ai édité mon premier recueil de textes. Guillemette a trouvé que «l’île de soie sur un raisin» et «un sirop de sable qui colle…un jour de suie» (lire soucieuse de pierreries tailladées) devraient être publiés et m’a donc trouvé un éditeur qui propose une impression à la demande sur du papier respectueux de l’environnement semble-t-il. Je remercie Guillemette : le livre est magnifiquement bien édité, on le trouvera sur le site de TheBookEdition et le titre est Le bruit d’une sandale sur une dune de sel

Le livre Le bruit d\'une sandale sur une dune »

tout un programme…

Cet été aussi, je vais à nouveau rencontrer les mêmes personnes qui me demanderont "alors ces vacances ?" ou "quand est-ce que tu pars ?"…et ce sera l'occasion pour moi de redire que non, mes vacances c'est plutôt hors vacances-scolaires, etc.

Cet été on n'ouvrira pas un seul magazine, un seul journal, une seule chaîne de radio sans entendre le nombre de médailles gagnées par la France aux JO de Pékin ou tous les résultats de ces sports au nom imprononçable…pour entendre les mêmes pékins nous signaler à la rentrée de septembre, que tout ce monde s'était en réalité dopé, et les mêmes pékins qui me redemanderont en septembre "alors ça s'est bien passé ces vacances ?" ou la variante "alors, ces vacances ?). Sans commentaires.
Vivement la rentrée.

mardi 27 mai 2008

La forme des arbres

(photographie par "les Amis du bois de Verrières", merci à eux)

Se laisser se perdre dans un bois, dans une forêt domaniale (ici celle de Verrières) est autrement plus imaginatif que de suivre un itinéraire balisé. L’imprégnation aux lieux prend alors un caractère envoûtant, car de ce mouvement de recul volontaire, se traduit une idée d’un transport sans aucune destination établie et sans même la perceptive d’un retour possible.

La forêt domaniale de Verrières est infiniment légère le matin très tôt (vers 9 h). Elle est aussi insolite si on prend la peine de percevoir des images à toutes les formes habituelles et presque élémentaires des arbres habillés de mille déguisements.

J’ai suivi l’étrange parcours d’un chêne balayé par la dernière tempête (celle de 1999) mais laissé tel quel par l’ONF et dont le tronc spongieux certainement colonisé par des milliers d’acariens, de fourmis, de chenilles, de vers et autres insectes, avait enfin été recouvert par de petits arbrisseaux lui donnant dès lors cette forme exorbitante d’une tête tortueuse aux cheveux géants et irréels.

Plus loin, une plante grimpante non identifiée (mais aux feuilles persistantes il m’a semblé) enroulait paresseusement et sans mutilation un jeune hêtre dans une danse paisible et chaude, l’un et l’autre étant de connivence dans une intimité extrême.
…

Je me diluais dans cette matinée immobile et silencieuse lorsque, au détour d’une route forestière, je crus discerner un groupe d’humains et presque aussitôt une déflagration et le vrombissement caractéristique et inquiétant d’une machine à tronçonner. L’art topiaire de l’ONF ! j’aperçus partout des branches brisées, entremêlées de feuillage fauché et l’air était saturé de vibrations chaudes et poussiéreuses…on suppliciait un arbre !
…

Je me perds en conjectures : est-il vraiment nécessaire de donner une forme aux arbres de nos forêts ? élaguer des platanes en ville pour leur donner un meilleur équilibre (leurs racines entrant en contact avec le bitume, le trottoir, la chaussée, etc.) ou pour réduire leur dimensions de peur de voir chuter leurs branches sur les piétons ou les voitures, est un procédé instinctivement «naturel» mais tout de même, agir de la sorte dans une forêt domaniale presque «sauvage» est un acte singulièrement agressif et symptomatique du manque d’harmonie que l’homme entretient avec sa nature primordiale. Dans cette période où s’épuisent les ressources naturelles, où se dévoilent aussi tous les dangers créés par le progrès supposé de l’homme sur l’environnement et de sa domination sur la nature, laissons un répit, laissons un répit à l’arbre, laissons à l’arbre la décision de prendre seul la forme qu’il décide.

mardi 29 avril 2008

L'après Istrie

La première chose que j'ai faite à peine de retour est de me précipiter à l'arboretum de la Vallée-aux-Loups de Châtenay-Malabry voir mon azalée pontique jaune (voir mon dernier billet).Sur les trois plants, l'un était n'était pas encore en fleur. Les deux autres sont de véritables machines à transporter le corps, il suffit pour cela de poser son nez sur la fleur et de fermer les yeux pour se transporter en mon île secouée d'alizé aux odeurs de rhum et de sel marin. Ce voyage peut être infini, c'est selon…Avant cela permettez-moi de vous présenter monsieur Boursault, producteur de fruits et légumes, il vend ses délicieux légumes au marché d'Antony sans se soucier de la concurrence et à un prix dérisoire. Une dizaine d'oignons, deux belles tomates fermes et une petite salade rouge avec son grain de sable, le tout pour…un euro. Euh, vous vous êtes pas trompé là monsieur Boursault ? voyons ça…rapide recalcule et non, ça fait bien un euro !Je tenais vraiment à l'indiquer, ça se passe un mardi 29 avril 2008 parce que cela ne va pas durer d'autant que le sieur Boursault va bientôt partir à la retraite, pour le moment il tient son stand en B6, côté rue du Marché et rue Mounié.

mercredi 16 avril 2008

Les ronds de cuir à la sauce indienne

Je devais passer une quinzaine de jours en Inde en avril et on m’avait pourtant prévenu que l’obtention d’un visa pour l’Inde relevait du parcours digne d’un combattant japonais. Il fallait semble-t-il prendre la file de 8 h à 17h au consulat qui se trouve au métro La Muette dans le 16e arrondissement de Paris. Je m’y pointe donc le lundi à 8h30 mais il n’y avait personne devant le consulat, pas de file d’attente ! serais-je le premier ? Non, en réalité le consulat serait « fermé le 14 avril et le 18 avril ». N’ayant pas d’éphéméride en tête j’ai demandé à un passant quel jour et quelle date nous étions histoire de vérifier que le 14 avril était bien un lundi. Dont acte, le consulat est donc fermé le [lundi] 14 avril, je me demande ce qu’il leur coûtait d’indiquer le jour…
Bon, donc j’y retourne aujourd’hui à 7h40 histoire d’être le premier et là, manque de bol, une simple note griffonnée sur du pq m’indique que « the visa office switch to the 10 rue du Paradis », bon pareil, je n’ai pas non plus la topographie parisienne en tête…franchement je me demande ce qu’il leur coûtait à ces tordus d’indiquer l’arrondissement, le métro ainsi que les horaires de cette antenne à la rue du Paradis ! Des ronds de cuir il y en certes partout dans tous nos ministères mais là avec la mondialisation, les indiens battent vraiment tous les records car pour déposer le visa il faut attendre + de 2h30 et pareil pour le récupérer, soit environ 6 h d'attente et il semblerait que le consulat d'Inde est l’un des pires de Paris avec celui de Russie…c’est pour dire !

Bon, tant pis pour le visa, je n’irais pas en Inde cette année…je ne contenterais des images du Wikipédia.

mercredi 9 janvier 2008

Tous les matins


Cloué au lit par une grippe intestinale hier toute la journée, j'avais mis sur ma chaîne la Missa Brevis TWV 9:14 de Telemann. Une merveille. Une Missa Brevis c'est d'abord le Kyrie, puis le Gloria, le Sanctus, le Benedictus et enfin l'Agnus Dei. Celle de Telemann me touche beaucoup, elle avait bercé mon adolescence comme d'autres l'ont été par la BO de Tous les Matins du Monde toute leur enfance.

J'avais enregistré ma Missa Brevis sur K7 audio (et oui, ça date!) et donc en analogique, j'avais juste noté Missa Brevis 9:14 sur la jaquette sans plus de précision et j'ignore par conséquent les interprètes. Tout y est majestueux, depuis Le Kyrie jusqu'à l'Agnus Dei et le lamento de la lettre "A"…pour dire le simple "Amen", notre contre-ténor n'en finit pas de tirer et jouer sur la vocalise du A pour enfin réussir à prononcer "Amen" de la fin ! On reste donc en suspens pendant de longues minutes. C'est une messe assez brève à solo avec basson, deux violons, violoncelle et continuo…J'aimerai bien la retrouver en numérique un de ces jours.