lundi 28 janvier 2013

Le monument à la mémoire du général Leclerc à Antony

Le monument à la mémoire du général Leclerc aujourd'hui (dans le rond rouge)

Le monument à la mémoire du général Leclerc : voici un monument devant lequel je passe souvent à Antony, et même si par nature, les choses militaires me sont totalement indifférentes, j’ai trouvé intéressant de tracer son historique depuis le moment où André Blaise, alors maire d'Antony (1947-1955) répond à un certain Mauruqueu, domicilié alors au 40 Céline (juste à côté de chez moi !) en ces termes :

«Cher Monsieur, j’ai bien reçu votre lettre relative à la mort tragique du Général Leclerc, et soumettant à la Municipalité une suggestion pour honorer sa mémoire (…). Je crois devoir vous informer qu’un comité a été formé à Antony, précisément dans ce but, et je transmets bien volontiers votre lettre à ce Comité pour étude. Veuillez croire, etc. lettre du 18 décembre 1847» (Archives municipales d’Antony, 1 M 659).

Ce M. Mauruqueu serait-il donc à l’origine de ce monument ?

(Source : Archives municipales d’Antony, dossier 1 M 659)

Rappelons qu’Antony a été la première ville libérée du département des Hauts-de-Seine (département de la Seine pour être précis), et c’est donc tout naturellement qu’une cérémonie à la mémoire du Général se déroule au carrefour du Petit-Massy (angle de l’avenue de la Division Leclerc, route d’Orléans et rue de Chartres) le 6 décembre 1947 avec honneurs militaires par les troupes de la garnison de Paris.

Ce n’est qu’une année plus tard (en 1948 donc) qu’on trouve un extrait du registre des délibérations du conseil municipal d’Antony tendant à «l’érection d’un monument à la mémoire du général Leclerc à Antony» d’après l’initiative prise par la Fédération des œuvres d’Après-Guerre. On demande au Conseil de bien vouloir se prononcer sur l’emplacement susceptible de recevoir le monument envisagé.

(Source : Archives municipales d’Antony, dossier 1 M 659)

Très vite, le choix se porte sur «le terrain appartenant au département de la Seine et situé au lieudit Pont d’Antony entre l’avenue Rabelais (qui existe toujours) et la RN 20 (devenue D920 depuis)». On sollicite à cet effet, une cession à titre gratuit, au préfet de la Seine, du terrain choisi.
…mais problème! Il avait été prévu que cet endroit soit réservé à la mise en place d’un garage d’autobus assez important avec un projet de grande envergure du Métropolitain (lettre du préfet de la Seine au président du conseil général, 28 mai 1948)…mais finalement, toujours par délibération du conseil municipal d’Antony le 28 décembre 1949, on autorise la ville d’Antony d’ériger le monument à la mémoire du général Leclerc dans cette «parcelle de terrain cadastrée section BX n° I» mise à sa disposition gratuitement.

(Source : Archives municipales d’Antony, dossier 1 M 659
Ici le terrain cadastré B.X. n° 1 )

Les autres pièces de ce dossier concernent les plans de situation du monument, des photographies de l’emplacement choisi dans son état actuel ainsi que la maquette du monument, des dessins avec vue perspective, des notes sur le coût du projet et son mode de financement, des appels d’offres divers pour l’exécution des travaux de plantations (gazon des talus, etc.).



Source : Archives municipales d’Antony, dossier 1 M 659)
(le terrain B.X. n° 1 choisi pour le monument :  avant)

Les travaux achevés, restait à trouver une date qui satisfasse tout le monde : 15 octobre 1950? oui mais c’est la rentrée de la Chambre et «cette date ne rappelle rien de particulier, et ils [les parlementaires ?] seront en plein travail» (mais le 15 octobre était un...dimanche, va sans dire!)…le 26 novembre alors? oui, «ce serait plus indiqué et donnerait des possibilités  d’achèvement beaucoup plus normales et correspondrait à quelque chose qui a vraiment trait à la vie, ou plutôt, en la circonstance à la mort du général Leclerc» [le Général Leclerc est mort le 28 novembre 1947]…bon, va falloir trouver une date maintenant ! on pense retenir le 15 octobre «parce que [cette date] a été fixée par madame le Générale et que les fils du Général qui sont actuellement en permission seraient alors présents»…(compte-rendu de la réunion [du conseil municipal] du vendredi 22 septembre 1950 à 21h).

Source : Archives municipales d’Antony, dossier 1 M 659)
(le terrain B.X. n° 1 choisi pour le monument :  après) - inauguration -

Finalement, on décide d’inaugurer le monument le dimanche 15 octobre à 15H…15/10/1950 à 15H…on aime bien harmoniser les chiffres à Antony.

mercredi 16 janvier 2013

Les Hauts-de-Seine et ses données publiques sur opendata.hauts-de-seine.net




Lu dans mon HDS ce matin…HDS c’est le magazine bimestriel de notre Conseil général (des Hauts-de-Seine) qui nous présente toutes les actualités et les informations culturelles ou autres concernant les HDS.

Le jeudi 24 janvier 2013, le Conseil général mettra en ligne, via une plateforme dédiée, des données publiques des Hauts-de-Seine.
Données non confidentielles, librement et gratuitement accessibles en temps réel et réutilisable à souhait. En effet, le principe est de mettre à disposition des citoyens, entreprises, partenaires…, toutes les données publiques produites dans le cadre de l’activité du département. Il s’agira des données sur les projets (marchés publics, etc.), les CR et autres PV des conseils, des chiffres sur le budget, des informations autour du patrimoine public, des cartes géographiques et autres statistiques sous forme de diagrammes, et bien d’autres encore d’après ce magazine, comme le nombre des "bénéficiaires de l’APA, allocation personnalisé d’autonomie",…mais je suppose que cette plateforme garantira la protection des droits des uns et des autres…

Je lis aussi que «l’objectif est de donner accès, de manière simple et lisible, aux données publiques, dans une logique de transparence des dépenses et de l’action publique. (…), [cette] ouverture des données permettra au Conseil général d’engager ses services dans une démarche d’efficience du traitement de ses données et d’une nouvelle dynamique de dialogue avec les usagers… ».

Aurons-nous ainsi la possibilité de mieux comprendre l’action du département et de participer activement à la vie de notre collectivité ? 
«Ce projet s’inscrit aussi dans une dynamique de développement économique»…, je pense qu’en ayant accès à ces données, des professionnels pourront proposer des services au plus près des besoins et des attentes de la population, du moins on l’espère. Et l’article poursuit en louant les bénéfices de cette initiative grâce à la réutilisation des données publiques...

Donc, le système des «Données ouvertes» (faute de trouver un terme français à l’anglicisme «opendata») engendrera de nouvelles informations sous un nouvel format, qui elles mêmes proposeront nouveaux usages…en tout cas, cette initiative fera le bonheur des sociétés de dématérialisation ! Elle contribuera aussi à la bonne conservation des documents qui ne seront plus consultés que dans ce format dématérialisé et on peut espérer une amélioration du rendement des agents municipaux qui passent beaucoup de temps à classer et à trouver les documents administratifs.
Cette plateforme nous proposera aussi une recherche par mots-clés…

Bon, attendons de voir et tester tout ça le 24 janvier…en attendant, je vous conseille de visiter la version d’évaluation sur http://opendata.hauts-de-seine.net/

vendredi 4 janvier 2013

Les actes notariés concernant la propriété

Sources : Photos Libres,
http://www.photo-libre.fr
Suite du billet précédent…voyons comment les actes des notaires (mais aussi ceux de l’enregistrement, des hypothèques, du cadastre, ou d'autres sources comme les archives personnelles et familiales, etc.) peuvent être exploités pour l’histoire d’une propriété (à Paris).

Les recherches de propriété, ou celles sur le parcellaire parisien en général, sont en effet très demandées aux Archives nationales (mais aussi dans d’autres services d’archives) dans le Minutier. Or ces recherches, loin de se limiter aux minutes des notaires, doivent évidemment être croisées avec celles sur les censives et les droits seigneuriaux relatifs à la propriété. Pour cela nous disposons aux Archives nationales d’un centre spécialisé dans ce genre de recherche, il s’agit du Centre de topographie historique situé au Petit Caran…D’autre part, des recherches sur le cadastre seront aussi à mener notamment sur les plans-terriers ou atlas de censive établis pour percevoir le cens (dans ce cas, voir les Département des Cartes et Plans aux cotes N IV Seine, etc.).

Mais revenons aux actes conservés au Minutier central des notaires de Paris pour notre recherche concernant la propriété.

Notons tout d’abord que certains inventaires après décès, même s’ils demeurent une source imparfaite pour ce genre de recherche, peuvent être consultés utilement. Mais ce seront surtout les baux (les baux à loyer), les partages, les donations et les ventes qui nous serons précieux pour ce genre de recherche (pour les titres de propriété notamment). Les actes concernant les ventes d'immeubles sont les plus intéressants. Ils donnent en effet tous les renseignements sur les origines de la propriété, de la parcelle, etc.
Les devis et marchés conclus à l’occasion de travaux aussi ainsi que les quittances qui suivent généralement l’exécution des dits travaux (les fameux mémoires de travaux ainsi que les procès-verbaux d'estimation, de
procès-verbaux de réparations, etc.). Ne pas non plus négliger les actes sur les mutations tels les partages de succession, les contrats de mariage, etc.

D’autres sources complémentaires seront toutefois à effectuer pour une recherche sur la propriété et le bâti (parisien).

Ainsi le fonds du Châtelet (série Y) ou celui du Bureau de la Ville (série H/2) pour les permis de construire, les sentences d’adjudication du Châtelet ou les permis d’alignement d’encoignure délivrés à Paris pour une grande partie du XVIIe et XVIIIe siècles, etc. seront à compléter par les papiers personnels ou familiaux qui comportent souvent des titres de propriété ou des marchés de construction et puis bien évidemment, se déplacer aux Archives de Paris (boulevard Sérurier) pour le reste : cadastre, sommier des biens fonciers (qui donne des informations essentielles sur les mutations foncières avec adresses, dates, causes de mutations, noms des propriétaires et des notaires, etc.), enregistrement, etc.
En effet, depuis 1791 si tous les actes notariés sont soumis aux formalités de l'enregistrement, ceux sur la translation de propriété sont transcrits au service des hypothèques. Et leurs tables (mais parfois sous forme de répertoires sur fiches) sont parfaits pour trouver un acte si on connaît la date approximative ou un nom des parties (le nom d’une seule partie peut souvent suffire), ce qui permet de poursuivre la recherche dans nos fonds du Minutier central aux Archives nationales. Aux AD de Paris il s’agit des sous-séries DQ (DQ7, 14, 18, 19, etc.)...

Dans un prochain billet, on verra les actes notariés qui touchent le domaine de l’argent, du crédit, etc., comme les ventes, les quittances, les obligations, les rentes (baux, titres, constitutions de rente, les ventes ou rachats de rente, etc.), les tontines, les partages successoraux ainsi que la très grande variété des recherches menées à partir de tous ces actes.

vendredi 21 décembre 2012

La typologie des actes notariés

©Manuel Charpy/Archives nationales, Minutier central. Testament 1884
(Exposition du 13 avril au 16 juillet 2012 à l’hôtel de Soubise, Paris)



Depuis novembre de cette année, j’ai quitté la section du XIXe siècle (dissoute pour former plusieurs départements scientifiques à Pierrefitte-sur-Seine). Je suis dorénavant au Département du Minutier central des notaires de Paris, une des directions scientifiques du site de Paris dont je vous laisse découvrir la présentation sur le site des Archives nationales :

Je découvre ces archives et la première chose que j’ai faite est de s’approprier de la forme des actes qui n’est pas compliquée : des expéditions d’abord, aussi appelées grosses, que seul le notaire détenteur de la minute de l'acte original peut en délivrer une (souvent en parchemin alors que la minute est sur papier), les répertoires ensuite, obligatoire en double exemplaire depuis 1791 et qui donnent dans l’ordre chronologique tous les actes passés dans une étude (renseignements sur la date, la nature de l’acte et noms des parties). Et enfin pour finir dans la forme des actes, ne pas oublier le brevet qui est un acte inscrit dans le répertoire mais qui n'est pas conservé au Minutier central puisqu’elle est délivrée par le notaire, lequel n'en gardant pas la minute (généralement des certificats de vie, de procurations, des quittances, etc.). Tous ces actes sont déclarés au bureau du contrôle et la mention de cet enregistrement (avec la date) figure à la fin des minutes avec la signature de l'agent du contrôle (c’est grâce à cette indication qu’on retrouve le nom du notaire qui a conservé la minute). Notons qu’aux Archives départementales, il existe (le plus souvent en série Q) les tables d'enregistrement (tables des testaments, des successions, des vendeurs, etc.) qui permettent également de retrouver une minute difficile à trouver par manque d’informations…

Passons maintenant à la typologie des actes. J’ai pu comprendre et analyser que les actes notariés peuvent se répartir en plusieurs catégories, lesquelles mènent à des recherches très variées sur l’histoire des familles, celles des entreprises, des techniques, sur l’histoire de l’art, etc.

D’abord les actes familiaux (inventaires après décès, liquidation, partage, adjudication, apposition de scellés etc.), et ceux concernant la propriété (comme les ventes d'immeuble, les échanges, les partages successoraux, etc.) que je classe ici dans un ordre alphabétique :

-accord, acquiescement, tous les actes touchant la famille (baptême, décès, mariage, profession religieuse, etc.), adjudication, apposition de scellés, approbation, arrangement de famille, assignation, assurance, attestation, attestation (de bonne vie et mœurs, etc.), aveu,...
-bail, bilan, brevet de retenue, certificat, cession, cession de marché, codicille, commandement, commission, comparution d'héritiers, compromis, comptes (arrérages, d'exécution testamentaire, de tutelles, etc.), concession, confirmation, congé, consentements (à mariage, etc.), contrats (d'apprentissage, de mariage, etc.),  convention, curatelle, toutes sortes de déclarations, de devis et marchés, délégation, dépôt de bilan, dissolution, don mutuel, donations (entre vifs, viagère, entre époux, etc.),...
-échange, émancipation, engagement, état de créanciers, exécution testamentaire, extinction, extrait, fondation, fraternité, hommage, indemnité, inventaire après décès, legs, licitation, liquidation, ...
-mainlevée, mariage, nantissement, nomination, notification, notoriété, obligation, oppositions (à mariage, etc.), ordre,...
-partage, pension viagère, permission, prestation de serment, prêt, prise de possession, procuration, procès-verbal, profession de foi, profession religieuse, promesse (de mariage, de vente, etc.), protestation, quittance,...
-récolement, reconnaissance (de dette, de paternité, etc.), rectification, tous les règlements des successions (inventaires après décès, liquidation, partage, etc.), renonciation, rentes (constitution, foncière, viagère, etc.), résignation, résiliation, résolution, rétrocession, révocation,...
-séparation volontaire, sommation, soumission, sous-bail, substitution, succession, sursis, testaments (olographe, etc.), tontine, traité d'office, transaction, tutelle, vente,...

Dans un prochain billet, je vais passer en revue les autres actes, notamment ceux liés aux circonstances politiques ou ceux qui touchent le domaine de l’argent, du crédit, etc., comme les quittances, les obligations, les rentes (baux, titres, constitutions de rente, les ventes ou rachats de rente, etc.), les tontines, ventes et autres partages successoraux ainsi que la très grande variété des recherches menées à partir de ces actes…mais en fin de compte je vous conseille de revoir le livret de visite (gratuit, mais dommage qu’il ne soit pas en ligne) de l’exposition "Des minutes qui font l'Histoire" présentée à l’Hôtel de Soubise à l’occasion des 80 ans du Minutier central des notaires de Paris par les Archives nationales du 12 avril au 16 juillet dernier. 
Voyez plus particulièrement la troisième partie sous forme d’abécédaire franchement très instructive et très bien faite (de Apprentissage [contrat d’] à Vente).

jeudi 20 décembre 2012

Le notaire peut il refuser son ministère le dimanche ou les jours de fêtes légales ?

http://www.photo-libre.fr/


Lu dans le journal Le Monde il y a quelques heures, cette phrase du ministre du Travail, Michel Sapin, «Le dimanche doit être, sauf cas exceptionnel, un jour sans travail pour les salariés» à propos du travail dominical qui fait son retour dans le débat public après l’affaire d’un grand magasin de bricolage (Bricorama pour ne pas la nommer) qui refuse de verser la somme de 38 millions d’euros d’astreintes décidée par le Tribunal de grande instance de Pontoise (Val d’Oise) suite à une plainte du syndicat Force Ouvrière, pour avoir ouvert le dimanche une trentaine de magasins franciliens, depuis janvier, malgré l’interdiction de la justice…

« Dimanche (sauf cas exceptionnel), un jour sans travail pour les salariés (donc) ? » Y compris pour les notaires ?…Voyons ce qui se disait déjà en 1832-1834 …

Extrait de l’ouvrage d’Henry Éloy, docteur en droit, substitut du procureur impérial «De la responsabilité des notaires d’après les lois, la doctrine, la jurisprudence et les circulaires ministérielles», édition Auguste Durand, rue des Grès, Paris, 1863.

«Autre question le notaire peut il refuser son ministère les jours de dimanche ou de fêtes légales ? La jurisprudence a été appelée à se prononcer sur ce point délicat voici à quelle occasion. Un notaire refuse de recevoir un acte de main levée hypothécaire pour lequel réquisition lui est faite un dimanche et sur la demande même de la partie il motive par écrit son refus sur ce que l officier ministériel ne peut être tenu d’agir un jour que la loi elle même a consacré au repos. Plainte de la partie poursuite du ministère public basée sur ce que le notaire doit prêter son ministère lorsqu'il en est requis conformément à la loi de ventôse qui ne fait pas de distinction entre les jours ordinaires et les jours fériés.

Le syndic de la chambre des notaires de l’arrondissement de Colmar s appuyant sur un règlement de discipline intérieure pris en 1832 par les notaires de cet arrondissement et d’après lequel notamment il était arrêté que sauf les cas d’urgence de nécessité de danger ou perte réelle les notaires ne seraient pas astreints à agir les dimanches et jours de fêtes légales prend fait et cause pour le notaire et soumet la difficulté au tribunal civil.

Cette difficulté est éludée en ce sens que le tribunal se fondant sur les antécédents favorables du notaire et sur ce que le fait à lui soumis le refus du notaire ne donne pas matière à blâme renvoie le notaire de la plainte. La chambre des notaires veut être fixée sur la légalité de son règlement le syndic appelle donc de la décision du 20 janvier 1834 en ce qu'il n a pas été statué sur le fond du droit.

Mais la cour de Colmar n’avait réellement pas à statuer puisque le notaire ayant été renvoyé de la plainte sans grief la chambre des notaires ou son syndic n’avait plus à prendre le fait et cause du notaire et n’était pas plus recevable dans son appel que le notaire ne l’était lui même en sorte qu'il n’y avait pas à s’occuper des conclusions prises devant la Cour et que la question non résolue restait entière. Or ce que l’on ne saurait contester en droit c est que la loi de ventôse ne distingue pas et pose un principe général. 

Si l’on se reporte aux motifs qui ont fait établir ce principe au caractère d’officier public attribué au notaire à la nécessité dans un but d intérêt commun de lui imposer l’obligation de ne pas se refuser arbitrairement à la réquisition des parties l’on comprendra que la loi n avait en réalité à faire aucune distinction d’autant moins qu’ayant voulu éviter aux parties un préjudice ce préjudice se présenterait aussi bien dans l’hypothèse qu’on veut soustraire à l’application de la loi. En fait les notaires ne peuvent sérieusement poser en règle qu’ils ne feront pas d’actes les dimanches ou jours fériés ce serait enlever à une classe nombreuse de citoyens une faveur dont on ne peut contester l’utilité celle de ne pas être distraits de leurs jours de travail et de réserver la rédaction des actes pour les jours fériés qui leur laissent plus de loisir.

Aussi doit on dire que ce n’est qu au cas où il n’y a pas urgence nécessité danger ou perte réelle que le notaire n aura pas les jours indiqués un ministère obligé.

Tels étaient du reste l’esprit et les termes de la délibération de la chambre des notaires de l’arrondissement de Colmar et ainsi apprécié nous croyons ce règlement légal en soi. Le résultat est celui que nous avons eu déjà fréquemment l’occasion de signaler avec la jurisprudence à savoir que la responsabilité ne peut en tous cas peser sur le notaire qu’autant qu’il est auteur du préjudice.
Le tribunal de Colmar décidait donc en fait et sagement et légalement lorsqu’il prononçait que le refus du notaire dans l’espèce n offrait pas matière à blâme, que si ce refus pouvait causer préjudice, il y aurait lieu et pour le ministère public de s’alarmer et d’agir en conséquence et pour la partie lésée de demander réparation.

Le notaire en tant qu'officier public se doit aux citoyens. D’autre part la loi lui impose d’agir lorsqu'il en est requis, il manquerait donc à son devoir si son ministère devenant réellement nécessaire, il refusait de le prêter. Il est vrai que l’article 57 de la loi du 18 germinal avait fixé le repos des fonctionnaires publics aux jours de dimanches et de fêtes reconnues par le Concordat et que les circulaires recommandent l’exécution scrupuleuse de cette prescription (…). Mais il s’agissait dans l’espèce de ce jugement d’un acte qu’on reconnaissait au notaire le droit de faire le lendemain du jour férié et cette décision n’a rien de contraire au principe général de la loi de ventôse ni à celui qui veut que le notaire se trouve à la disposition des parties s’il y a urgence nécessité menace d’un préjudice ou d’une perte réelle.

Ainsi si le notaire est appelé un jour de dimanche pour recevoir le testament d’une personne dangereusement malade il nous parait évident qu’il doit se soumettre à la réquisition et que ce motif que sa croyance religieuse lui défend d’instrumenter le dimanche ne serait pas une explication suffisante de son refus… »

lundi 10 décembre 2012

ès ou konnet ICA-Atom ?

Personnalisation de ICA-Atom pour les besoins du stage

Voici une formation que je ne suis pas prêt d’oublier : celle dispensée aux Archives départementales de la Martinique du mardi 27 au jeudi 29 novembre dernier (pour une douzaine de participants des AD-Martinique, AD-Guadeloupe et des AN de Haïti) dans le cadre du projet Carbica http://www.carbica.com/fr/ organisé à Fort-de-France par la directrice des AD de la Martinique, madame Dominique Taffin que je remercie ici très chaleureusement pour son enthousiasme et son intérêt pour notre travail, et aussi pour son grand professionnalisme et son accueil exemplaire.
Leur accueil a vraiment été formidable, les participants ont aussi un très bon niveau, ce qui facilite la tâche du formateur.

Le thème général était d’articuler les normes ISDIAH et ISDF ainsi que les DTD EAD et DTD EAC sous ICA-Atom, d’où ce titre amusant en créole «ès ou konnet ICA-Atom ?», ce qui signifie «connaissez-vous ICA-Atom ?» (merci à Frédéric de cette traduction).

Nous avons commencé par des rappels sur la description archivistique et l’analyse archivistique puis nous avons enchaîné par les autres formes de description des archives : celle sur le contexte de production, sur la description des fonctions et sur les institutions de conservation. Nous avons insisté sur l’utilité et le rôle de ces normes ainsi que de l’articulation entre elles dans ICA-Atom.

Le principe de la formation n’était pas un monologue mais l’inverse : les participants ont tous été sollicités par des travaux en petits groupes, par des présentations à faire individuellement ou de concert. Ainsi pour introduire la norme ISDIAH, nous leur avions demandé (en atelier remue-méninges) de quelles informations auraient-ils besoin si on leur demandait de rédiger une notice (et quelles informations rendre obligatoires) sur une institution ou un organisme détenant et préservant des documents d’archives (archives, bibliothèques, musées, entreprises, familles, individus, etc.). Ce travail s’achevait par l’encodage sur ICA-Atom…

D’autres exercices étaient nettement pus difficiles, comme celui consistant, à partir d'une page extraite du site des Archives départementales de la Martinique et en se basant sur l’exemple de l’application ETANOT des Archives nationales, à isoler les informations relatives au contexte de production des archives (de celles relevant de la norme ISAD(G)), et à ensuite les structurer conformément à la norme ISAAR(CPF) et enfin à rédiger une notice d’autorité complète sous ICA-Atom en remplissant toutes les zones.
Voici cet état des fonds sou forme de tableau :
Cote;Étude;Lieu;Prédécesseur;Dates extrêmes
3E1/1 à 118;BELHUMEUR-HAYOT;Trinité;prédécesseurs : Cognet, Joyau, Kailer-Grangenois, Dangeros;1789-1900
3E2/1 à 675;DUVAL;Fort-de-France et Le François;prédécesseurs : Husson, Siger-Capoul, Fournier-L'Etang, Louis Saint-Cyr;1802-1940, 1941-1965
3E3/1 à 59;PLISSONNEAU-DUQUESNE, (actuelle étude, MODOCK-LEPELLETIER, BEAUFOND-DUVAL);Gros-Morne puis Fort-de-France;prédécesseurs : Holozet, Peran, Berté Saint-Ange, Clarac, Thouré, Corneille, Adam;1818-1947
3E4/1 à 135;CONSTANTIN;Fort-de-France;prédécesseurs : Tiberge, Ferriez, Thomas-Husson, Maugée, Gentile, Clavery, Bardiny;1824-1899
3E5/1 à 317;TEANOR;Fort-de-France;prédécesseurs : Bartouilh, Sinson, Lemerle, Godissard, A. Siger, Audemar;1829-1942
3E6/1 à 102;NIMAR;Saint-Esprit puis Fort-de-France;prédécesseurs : Deslauriers-Lillette, Gardié, Joyau, Dupuy, Crény, Planche;1843-1918
3E7/1 à 153;SIRON;Le Marin puis Fort-de-France;prédécesseurs : Crény, Edouard Saint-Cyr, Saint-Aude;1875-1961.

Des travaux en groupe sur les bonnes pratiques de la description archivistique et de la saisie des notices d’autorité sous ICA-Atom avaient aussi été prévus. Un groupe sur la normalisation de la description archivistique, un autre sur la saisie dans la zone d’identification, la saisie dans la zone de description ou un autre sur la saisie dans les zones des relations et du contrôle de la description.
Enfin, le dernier jour était consacré aux «points d’accès» :indexation, liste d’autorité et autre thésaurus ainsi qu'avec des exemples de mise en œuvre sous ICA-AtoM (exercices pratiques d'exportation et d'importation des notices SKOS, etc.
Bref, j'ai été ravi-ravi de cette formation.

Merci à tous les participants et à la Martinique !

Martinique Jazz Festival 2012

J'étais en Martinique en ce début de décembre 2012 et j'ai franchement été bluffé par l'offre culturelle que nous offre ce département.
Le samedi 1er décembre à l'Atrium (une belle salle de concert à Fort-de-France ) en première partie, j'ai assisté à un jazz dit pop, mais j'ai trouvé que c'était plutôt un jazz vocal (assez mélodique) avec de subtils arrangements. Véronique Hermann Sambin, fille du pays, à la voix, et j'ai reconnu Tony Texier, pianiste franco-américain (avais assisté à son concert au Sunset à Paris où il était avec son quartet, c'était en juin dernier).
En seconde partie, arriva enfin Lucky Peterson à la guitare, à l'orgue et au chant. Alors là, quel organe ! Du jazz soul à la Ray Charles que je n'ai pas connu. Une mise en scène extraordinaire, notre Lucky Peterson se donnait littéralement au public, allait et venait, des gradins à la scène, il était «dedans» comme on dit. J'ai franchement adoré.
Le lendemain dimanche, nous quittions Fort-de-France et l'Atrium, pour Fonds-Saint-Jacques, à l'est de l'île, pour écouter Carlton Rara et ses arrangements en créole et en anglais, bien qu'il soit franco-haïtien, il a une voix subtile et j'ai vraiment beaucoup apprécié son «jazz-reggae» ainsi que ses compositions originales sur des thèmes traditionnels caribéens. Là aussi j'ai reconnu à la guitare, pour l'avoir entendu quelque part, Johary Rakotondramasy (un malgache), Serge Balsamo, autre guitare, était à découvrir. En seconde partie, nous avons eu du jazz classique mais nous avons dû rentrer à Fort-de-France pour cause de travail le lendemain.
Voyez plutôt leur site pour se faire une idée http://www.cmac.asso.fr/martinique-jazz-festival-32.html

Bref, merci aux personnes qui m'ont accompagné à ces concerts, qui m'ont fait visiter l'île, donner l'histoire de Fonds-Saint-Jacques et fait passer un moment délicieux en Martinique où j'étais venu donner une formation sur la manière de décrire les Archives sous ICA-Atom...